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Jeune femme étant debout devant exposition

À un certain moment dans nos vies, on aimerait tous bénéficier des conseils d’un mentor. Keira Carey le sait bien, de par son expérience personnelle et par le biais de son travail quotidien, où elle permet de connecter des autres jeunes d’ascendance africaine à une personne qui pourrait faire une différence dans leur vie professionnelle et, par extension, dans leur vie personnelle. Travaillant principalement avec des étudiants étrangers, à titre de coordinatrice du mentorat des jeunes et du projet de sensibilisation culturelle au sein de l’African Diaspora Association of the Maritimes à Halifax, Keira a trouvé sa passion en aidant les autres à naviguer à travers une expérience qu’elle a elle-même vécue : trouver sa voie au Canada.

Les étudiants étrangers forment un groupe que Keira peut facilement comprendre, ayant elle-même été récemment dans leurs souliers. Elle est d’abord venue au Canada pour étudier à l’université en sciences politiques et en développement international, une belle représentation de ses intérêts et de la large lentille à travers laquelle elle voit le monde. Quand elle a obtenu son diplôme, elle est retournée dans sa ville natale de Nassau, dans les Bahamas. Puis, elle a entamé le processus d’admission dans des écoles de droit outre-mer, ce qui avait toujours été son plan.

Cependant, avant de quitter Halifax, Keira avait fait la demande d’un permis de travail postuniversitaire afin de conserver des options… peut-être envisageait-elle inconsciemment un changement de ses intentions ? Comme de fait, à la fin de l'été, elle avait décidé de revenir au pays, avec le sentiment qu’elle était appelée à faire quelque chose de plus grand et le désir « de connaître une façon différente de travailler et d’apprendre les systèmes déjà en place au Canada, surtout dans le domaine des organisations à but non lucratif. »

Et c’est ce qu’elle a fait. À l’âge de 22 ans, Keira est revenue à Halifax. Elle admet que la transition n’a pas été facile. Elle dit que les gens présument souvent que les immigrants qui étaient au départ des étudiants étrangers sont déjà bien équipés pour gérer leur vie comme nouveaux arrivants. Elle fait toutefois, une légère mise en garde : il est important de réaliser que cela peut être une expérience remplie de défis pour n’importe qui.

En tant qu’immigrante originaire d’un pays anglophone et consciente du mode de vie du Canada, Keira dit que même si cela a été davantage un ajustement pour elle que pour une personne ayant des différences linguistiques et culturelles plus flagrantes, cela demeure tout de même un ajustement. La technologie différente demande du temps pour s’y habituer, tout comme le fait de naviguer à travers les lois du territoire et des choses comme être propriétaire d’une maison ou d’une voiture — surtout quand il faut passer aux pneus d’hiver !

Même si elle avait passé quatre ans comme étudiante engagée dans la ville où elle était revenue, trouver un emploi a été difficile au départ, car elle était sans expérience de travail au Canada. Dans un premier temps, elle a dû donner de son temps bénévolement pour obtenir l’expérience dont elle avait besoin. Après un stage dans quelques organismes à but non lucratif, Keira a décroché un emploi comme première employée de l’African Diaspora Association of the Maritimes une organisation récemment remaniée. Trois ans plus tard, elle a contribué à la croissance de l’organisation et est heureuse de pouvoir aider les étudiants d’une façon dont elle aurait elle-même aimé bénéficier lorsqu’elle était dans leur situation.

Lorsqu’on l’interroge sur le travail qu’elle accomplit, Keira répond qu’elle veut « aider les étudiants étrangers à en savoir plus sur le ‘vrai’ Canada et sur ce que cela signifie d’être un immigrant ici. » Selon l’expérience de Keira, quand on est étudiant « on est concentré sur les études... un peu à l’abri dans la communauté universitaire. On ne pense pas en dehors de cette communauté jusqu’à ce que l’on soit placé dans le grand bain de la société. » C’est à ce moment que vous devez voler de vos propres ailes. Que ce soit pour trouver un médecin - sans l’accès au centre de santé étudiant que vous aviez l’habitude de visiter - ou pour postuler à des emplois - sans l’appui des ressources étudiantes auxquelles vous aviez accès, par exemple pour des choses comme la rédaction d’un curriculum vitae.

Grâce aux relations de mentorat qu’elle s’efforce de créer, Keira encourage les étudiants à ne pas attendre pour commencer à bâtir leur connaissance et leurs connexions qui pourraient les aider à réussir après leurs études, qu’ils décident de rester au Canada ou de prendre une autre voie.

Keira a clairement la passion de donner en retour— quelque chose qu’elle reconnaît, mais qu’elle balaie d’un revers de la main. Elle attribue à ses parents de lui avoir inculqué ce désir en elle et estime « qu’il y a toujours quelque chose de plus que vous pouvez faire », pour les individus… et à une échelle plus large.

Elle a sans contredit cette perspective globale. Dans l’avenir, elle veut être en mesure d’appliquer les compétences qu’elle a développées au Canada pour aider les jeunes des Bahamas. Elle est intéressée à travailler avec le gouvernement des Bahamas sur des questions socio-économiques comme la création d’emplois et la pauvreté, particulièrement en ce qui concerne la jeunesse. Ses yeux s’illuminent lorsqu’elle parle de l’idée de créer un jour un programme national de mentorat.

Quelle que soit votre passion, Keira a quelques mots sages, mais d’une grande portée, pour les nouveaux immigrants :

« Il faut continuer à travailler dur pour obtenir ce que vous voulez. Il est très important de demeurer concentré. Ici, sans famille et avec un nombre limité d’amis, il est important de bien savoir ce que vous voulez, parce que, à la fin de la journée, c’est la seule chose qui vous tient debout. »

Et sans aucun doute, à cet égard, Keira prêche par l’exemple !

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