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Claudine Tesire comprend les hauts et les bas de l’expérience de l’immigration. La raison en est qu’elle a vécu les deux, ayant immigré deux fois dans des circonstances très différentes. Maintenant bien installée avec bonheur à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Claudine s’emploie à aider les autres nouveaux arrivants francophones à s’établir de la même manière. Ses expériences, façonnées à la fois par le bon et le moins bon, l’aident à se connecter avec les nouveaux arrivants pour les aider dans leur processus d’installation.

Riche d’une personnalité chaleureuse et ouverte, et ce beau sourire qui vient avec, Claudine resplendit de positivisme et vous pouvez facilement comprendre pourquoi elle est parfaitement adaptée à son rôle actuel à Immigration Francophone. Elle aide les nouveaux arrivants à s’établir en leur fournissant soutien et information sur la recherche de logement, l’emploi et bien plus encore. Elle est parfois la toute première personne à accueillir un nouvel immigrant, lorsqu’il atterrit à l’aéroport. Chaque fois qu’elle le fait, Claudine se remémore ce que c’était quand elle-même est arrivée.

La vie en Belgique

Avant de venir au Canada, Claudine, son mari et leurs quatre enfants ont vécu en Belgique pendant 17 ans. Malgré le fait qu’ils avaient élevé leur famille à Bruxelles et que la vie allait bien, quelque chose faisait qu’ils ne se sentaient pas tout à fait chez eux. Pour Claudine, une des raisons était les circonstances dans lesquelles ils s’étaient établis là-bas.

En 1994, quand la guerre a éclaté au Rwanda, la famille a été obligée de fuir Kigali. Claudine se rappelle cela comme un moment très difficile. Quand ils sont arrivés en Belgique, ils avaient tout perdu :

« Tu arrives venant de la guerre, tu as tout perdu, non seulement tu as perdu le matériel, ça c’est rien, tu as perdu des membres de la famille, c’est très, très dur. Et je me rappelle, on vivait chez ma belle-sœur et puis après on est déménagés dans un appartement, parce que les enfants ont commencé à étudier, et moi dans cet appartement je ne voulais pas décorer, je voulais rien faire dans l’appartement. Je voulais acheter un nombre précis de choses. Si on est cinq personnes, je voulais acheter cinq assiettes, pas plus. Parce que… comment on peut tout perdre ? J’étais dégoutée du matériel, ça c’est rien. »

Même s’il était de façon évidente difficile de s’adapter à prime abord, Claudine s’est consacrée à ses jeunes enfants tout au long de cette période émotivement ardue et s’est concentrée sur sa formation et la recherche d’un emploi. Au fil du temps, elle a étudié la langue anglaise et néerlandaise, et la gestion de bureau, ce qui l’a amenée à travailler pendant six ans dans une agence d’aide à l’établissement des immigrants. Claudine ajoute : « C’est comme ça que nous sommes venus au Canada... et c’est comme ça que la vie suit son cours. »

En travaillant à l’agence, Claudine recevait régulièrement des courriels contenant de l’information sur des opportunités pour les clients qu’elle desservait. Elle et sa famille revenaient tout juste de rendre visite pour la première fois à un parent à Toronto lorsqu’elle a reçu un courriel au sujet du prochain Forum Destination Canada, à Bruxelles. Elle a partagé cette information avec ses clients, mais quelque chose a éveillé son propre intérêt... Elle et son mari ont décidé d’y aller.

À ce forum, chacune des dix provinces faisait du recrutement. Alors qu’ils déambulaient dans la grande salle tout en parlant avec des représentants de l’Ontario, du Québec et d’autres, Claudine a senti une connexion personnelle s’établir avec la représentante de la Nouvelle-Écosse. Comme elle se le rappelle si bien : « Elle était si accueillante et tellement riche en informations ! »

Après avoir participé au forum, la famille a décidé de visiter la Nouvelle-Écosse afin d’en savoir plus. Finalement, ils ont été accueillis par cette même personne avec laquelle Claudine avait si bien connecté. Ils ont parcouru la province et on leur a présenté la communauté francophone d’Halifax, où ils se sont fait un certain nombre de contacts. Par la suite, ils se sont dits : «Wow ! C’est ici que nous voulons vivre !»

L’arrivée au Canada

Cette décision est particulièrement importante pour Claudine. Elle explique :

« Je suis arrivée en Nouvelle-Écosse parce que je l’ai voulu. Parce que le fait d’immigrer c’est une démarche personnelle. Des fois il y a des contraintes, mais quand on se dit « Ok, je le fais », c’est que d’abord toi tu es d’accord. Donc, si tu as accepté de le faire, il faut mettre tous les chances de ton côté pour que ça réussit. Évidemment, il peut y avoir des obstacles… Mais le fait d’être positive m’a aidée à avancer chaque fois. »

Bien que venir au Canada ait été la deuxième expérience d’immigration de la famille, c’était la première fois qu’ils le faisaient par choix. Claudine, son mari et leurs deux plus jeunes enfants se sont établis à Halifax en 2011. Leurs deux garçons plus vieux prévoient retrouver la famille au Canada, lorsqu’ils auront terminé leurs études postsecondaires.

Claudine dit que la communauté francophone d’Halifax est « comme une famille ». Elle parle avec passion des nouveaux arrivants qu’elle accueille et espère que le fait de partager son expérience aidera quelqu’un d’autre. Comme elle le comprend si bien, l’expérience de l’immigration est un cheminement personnel. Heureusement, pour Claudine et sa famille :

« [Venir au Canada] c’était quelque chose de très positif pour nous, parce que c’est notre rêve qui se réalisait… vivre à un endroit où on a choisi.»

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