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Portrait de la tête et de l’épaule d’un jeune homme portant un t-shirt noir.

Amirali Javidan

Amirali Javidan veut contribuer à façonner la communauté et pas uniquement sur le plan physique à l’aide de murs et de toits. Il a fait déjà un excellent travail à titre de concepteur architectural pour le compte de la firme Bing Thom Architects établie à Vancouver. Amirali souhaite s’engager dans une architecture « pouvant valoriser les valeurs sociales et encourager [la prise d’actions] chez les individus ».

L’intérêt manifeste d’Amirali pour l’architecture et l’urbanisme est issu de son enfance en Iran aux lendemains plutôt instables de la Révolution islamique de 1979. Cette période a été l’une des plus influentes de sa vie. Voici comment il nous décrit son expérience vécue à sept ans : « La conscience que j’avais du monde autour de moi a commencé à fleurir très vite… et beaucoup de questions me hantaient. Tout autour de moi devenait très réel, très rapidement. J’ai dû grandir dans une période tendue de l’histoire et je pense que cela a beaucoup contribué à me faire prendre davantage conscience de la communauté. »

Amirali se rappelle, comme si c’était hier, des caves sombres dans lesquelles lui et sa famille devaient se cacher pendant les alertes à la bombe. Il se souvient des rubans aux fenêtres qui devaient les empêcher de voler en éclats suite aux ondes de choc. Il se souvient également des manifestations fréquentes dans les rues et des violences entre voisins. Ces souvenirs nous donnent un aperçu du paysage sociopolitique hautement instable de l’ère post-révolution en Iran. Ces expériences auront permis à Amirali d’établir une « relation intime» avec la ville, le menant par la suite à embrasser une carrière dans le façonnement des espaces publics.

Amirali décidera d’emménager au Canada où il décrochera une maîtrise en architecture à l’Université McGill. Trois décennies après la Révolution islamique, il décide d’explorer les souvenirs qu’il en a à travers un modèle qu’il intitulera Dance of the Minarets (La danse des minarets). Cette œuvre a été sélectionnée pour faire partie de l’exposition Migrating Landscapes (paysages de la migration), laquelle a représenté le Canada à la prestigieuse Exposition internationale d’architecture de 2012 organisée par la Fondation Biennale di Venezia et tenue à Venise, en Italie (essentiellement les jeux olympiques de l’architecture).

Une exposition entièrement en bois en forme de minaret.

Dance of the Minarets, (La danses des minarets) conçu par Amirali Javidan, est l'un des 18 modèles faisant partie de l'exposition Migrating Landscapes (paysages de la migration).

Dance of the Minarets (La danse des minarets) et sa vidéo d’accompagnement reflètent les changements sociaux qui avaient cours en Iran pendant la Révolution islamique de 1979 et la Révolution verte de 2009. Amirali décrit ces jours de la révolution comme ayant été marqués par une « tension et un chaos erratiques, alors que des soulèvements de masse s’emparaient des rues ». Au coucher du soleil, ce désordre cédait place à un autre phénomène social. Les citoyens se précipitaient sur les toits de la ville, où, tous en cœur, ils chantaient avec émotion dans la nuit : « Allah-o-Akbar! Allah-o-Akbar! » (Dieu est grand). On pouvait entendre ces vagues de proclamation s’intensifier, résonner dans toute la ville, insufflant un sentiment d’espoir et d’unité.

Les souvenirs d’Amirali lui ont permis de s’« éveiller à la façon dont les bâtiments peuvent devenir des instruments de l’ordre social ». Avec Dance of the Minarets (La danse des minarets), il a tenté de représenter, sous forme physique, la polarisation de la société au cours des deux révolutions.

Dans son travail quotidien de conception architecturale au Canada et aux États-Unis, Amirali continue de gérer des projets publics qui explorent les frontières sociales à l’échelle urbaine. Lorsqu’il façonne les espaces publics des communautés, il est toujours soucieux de la manière dont les individus pourront l’utiliser pour s’engager socialement. Sa philosophie : « l’architecture doit être assez calme pour laisser le lieu parler, mais assez forte pour révéler son importance dans la mémoire de la ville. »

C’est donc dans cet esprit qu’Amirali s’efforce de façonner les communautés dans lesquelles nous vivons.

Vous avez jusqu'au 11 novembre 2013 pour voir le modèle d'Amirali et l'exposition Migrating Landscapes (paysages de la migration) au Musée canadien de l'immigration du Quai 21.

Précédemment exposition en bois est au milieu d’une salle remplie de bois.

Dance of the Minarets (La danses des minarets) ici nichée dans la représentation abstraite faite de 8 750 mètres de bois de charpente dans l'exposition Migrating Landscapes (paysages de la migration).


Amirali Javidan a développé un vif intérêt pour l’architecture publique et la viabilité sociale des villes au cours de la préparation de sa thèse de maîtrise à l’Université McGill. En tant que concepteur architectural chez Bing Thom Architects (BTA), société d’architecture de Vancouver primée par l’IRAC, Amirali s’est engagé avec passion dans plusieurs grands projets de revitalisation urbaine en Amérique du Nord au cours de la dernière décennie. En tant que gestionnaire de projet chez BTA, il a joué un rôle important dans la conception et la construction du campus du centre-ville du collège de Tarrant County et du plan d’urbanisme de Trinity Uptown à Fort Worth, au Texas. Il a récemment dirigé la réalisation de l’Aberdeen Square, un complexe commercial à usage mixte situé à Richmond, en Colombie-Britannique, comportant une place publique et un pont menant au terminus du SkyTrain. Il a également été un membre clé de l’équipe du projet ayant conçu l’Arena Stage Theatre à Washington, aux États-Unis, qui a été le récipiendaire 2011 de la médaille du Lieutenant-gouverneur de Colombie-Britannique.