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Shyronn Smardon est originaire d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Jeune homme maintenant installé à Toronto et architecte de métier, il est un artiste influencé par ses propres racines et ses œuvres explorent les questions d’identité. Deux de ces œuvres figurent dans le volet néo-écossais de Trouver sa place, l’exposition temporaire présentée au Musée jusqu’au 30 mars 2013.

Les œuvres de Smardon exposées dans le cadre de cette exposition sont intitulées Puddle of Teardrops (Mare de larmes) et Pixelation (Pixellisation). Elles ont été inspirées par l’héritage d’Africville, une communauté néo-écossaise à prédominance africaine située sur la péninsule d’Halifax, de 1849 à 1967. Malgré la longévité de la communauté, la ville d’Halifax considérait que cette zone devait avoir une vocation industrielle et n’a jamais dispensé les services d’aqueduc, d’égout et autres services municipaux à Africville. En 1962, dans le cadre de sa stratégie de rénovation urbaine, la ville mit en œuvre le processus d’élimination d’Africville en relocalisant ses habitants pour ensuite détruire les immeubles.

Les œuvres de Smardon présentées à l’exposition Trouver sa place ont été développées en tant que « serre-livres » d’un ensemble plus large de travail qu’il a créé alors qu’il était aux études à l’Université NSCAD et lors de sa maîtrise en architecture à l’Université Dalhousie. Sa thèse portait justement sur l’ancienne communauté d’Africville. En 2011, il a donné ces œuvres à l’Africville Heritage Trust (Fonds patrimonial d’Africville), un ensemble dédié au partage de l’histoire de l’ancien quartier d’Halifax.

Bien que certains se sont demandés la raison qui l’avait poussé à faire don de son œuvre la plus importante à ce jour, pour Smardon, c’était une décision facile — il voulait « donner au suivant ». Il explique qu’il ne s’est pas rendu là où il est aujourd’hui par lui-même. Il a pu compter sur d’autres personnes qui lui ont permis de faire son travail. Lorsque vous regardez Puddle of Teardrops et Pixelation, il est bien évident que Smardon a tenu la promesse qu’il avait faite dans ses remerciements de thèse : ne pas oublier d’où il vient.

Le fait de ne pas avoir été élevé au sein d’une « famille nucléaire typique » a laissé à Smardon le sentiment que c’était comme s’il y avait des pièces manquantes dans le puzzle de sa propre identité. Par le biais de son travail artistique, il admet qu’il tente de compléter le puzzle ou de combler les lacunes à travers un art auquel il peut s’identifier. Pour Smardon, l’importance de l’exploration et de la mise en évidence de thèmes portant sur l’identité afro-canadienne dans son travail prend racine dans l’idée de caractère individuel :

« Je pense que le caractère est important pour chacun d’entre nous. C’est ce qui nous rend uniques et en fin de compte humains. L’identité afro-canadienne fait partie de moi et de ma personnalité et il est donc naturel que je tienne à l’explorer et être informé de ses multiples facettes et particularités... Les avantages et les caractéristiques du caractère sont des choses que j’ai apprises alors que j’étudiais les bâtiments — les briques usées, le mortier inégal et plusieurs couches de peinture de différentes couleurs appliquées au fil du temps sont d’excellents exemples du riche caractère conçu par la « touche humaine ». Par analogie, j’ai appris qu’une riche identité humaine est aussi fabriquée à partir de la même touche humaine par le biais d’une multiplicité d’histoires, de contextes et de couches. »

Les couches de l’histoire, l’émotion, la créativité et les opinions sont artistiquement conçues et puissamment communiquées à travers les œuvres de Smardon. Selon l’artiste, les expositions publiques qui mettent en lumière le thème de l’identité des Afro-Canadiens révèlent à tous les membres de la communauté, sans égard à l’âge ou l’origine ethnique, des couches de savoir sur ce qui a été, ce qui est et ce qui reste encore à découvrir. Shyronn Smardon espère pouvoir continuer à influencer la perception, la compréhension et le discours du public sur les questions d’identité et d’immigration par le biais de la diligence et de l’honnêteté de son travail.

Nous sommes impatients de voir ce avec quoi il arrivera la prochaine fois !

Un objet en verre avec une écriture en noir.

Puddle of Teardrops (Mare de larmes)
Université NSCAD. Résine et impression en 3D. 2011. Shyronn Smardon.

À l’aide de texte imprimé en 3D, cette œuvre prend des extraits d’une lettre de réponse que Smardon a écrite et intitulée « Dear Africville ». La note constituait sa réponse aux excuses et à l’annonce de règlement de la municipalité régionale d’Halifax envers Africville. Puddle of Teardrops est une étude de la transformation d’une réflexion en une dimension qui se métamorphose en un texte en deux dimensions pour se concrétiser en une vision en 3D. La commande du studio qui a suscité sa création était d’imaginer un conteneur bien conçu. La réponse de Smardon ? Construire un conteneur… mais en utilisant toutefois son contraire comme sujet. Le conteneur a donc d’abord été rempli, puis on a retiré sa coquille. Ce qui en reste est le texte de la lettre flottant dans… une mare de larmes.

Pour lire le texte intégral de la lettre, cliquez ici.

 


Shyronn Smardon est détenteur d’une maîtrise en architecture de l’École d’architecture et d’urbanisme de l’Université Dalhousie depuis mai 2012, ainsi que d’un baccalauréat en design environnemental. Né et élevé dans la partie nord d’Halifax, Shyronn Smardon explore sa relation personnelle avec Africville par le truchement de la photographie et l’œil d’un architecte stagiaire. « Il m’a fallu du temps pour apprécier le fait que l’architecture n’est pas seulement un bâtiment, et qu’une photo n’est pas qu’une image. » Ses œuvres exposées dans le cadre de Trouver sa place ont été produites en appui de sa thèse, Rebuilding Africville, et furent données au Africville Heritage Trust (Fonds patrimonial d’Africville) en 2011.