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Le travail de l’artiste visuelle et photographe Stacey Tyrell ne se limite pas à Trouver sa place / Réflexions sur l’identité afro-canadienne : Photographies de la Wedge Collection, mais il est aussi le titre de l’exposition. Son œuvre (Trouver sa place) est l’une des photographies contemporaines présentées dans le cadre de l’exposition actuellement en cours au Musée dans la Galerie du havre Ralph et Rose Chiodo jusqu’au 30 mars 2013.

Stacey Tyrell est l’un des artistes émergents dont le travail est souligné dans l’exposition, qui documente l’expérience des canadiens et canadiennes d’origine africaine. L’expérience d’immigration de la mère de Stacey Tyrell a plus spécifiquement inspiré son œuvre. Les deux parents de Stacey sont originaires de l’île Nevis dans les Caraïbes et sa mère a immigré au Canada à partir de l’Angleterre, comme jeune fille au pair, au milieu des années 1970.

Stacey explique que : « en grandissant, je me suis rendu compte qu’il y avait des pans entiers de la vie de ma mère avant son arrivée au Canada que je ne connaissais pas et qui étaient illustrés dans les albums de photos qu’elle avait apportés avec elle». Stacey Tyrell a alors tenté d’explorer plus à fond cette brèche narrative pour tenter de la combler visuellement. La série Trouver sa place traite de la façon dont nos souvenirs sont l’objet d’érosion, de distorsion, et sont mis de côté, comme les photographies d’un album de famille.

Outre la famille, l’identité afro-canadienne a beaucoup d’importance pour Stacey Tyrell. Pour elle, « être une afro-canadienne, c’est une identité modelable, en constante évolution et assimilant de nouvelles facettes… ». Il est très important pour elle de mettre ce sujet en lumière dans son travail, en partie parce qu’elle observe l’absence de discours à son propos dans les arts et les institutions qui l’entoure. Ce qui, à son avis, se reflète dans une exposition insuffisante d’œuvres d’art de noirs canadiens, donnant à croire erronément au public que notre société n’est pas aussi richement diverse qu’elle ne l’est vraiment.

C’est la rareté des présentations publiques d’expositions qui fait que des présentations comme Trouver sa place soient si importantes à ses yeux. Pour Stacey Tyrell, des expositions qui suscitent la discussion à l’égard de l’identité afro-canadienne permettent au public de « considérer les Afro-canadiennes non plus comme étant autres, mais comme étant des gens comme tout le monde dont les familles et l’histoire peuvent être, de plusieurs manières, semblables aux leurs », établissant un dialogue à propos de l’identité afro-canadienne.

Il est «formidablement pertinent » que son œuvre, si souvent liée à l’expérience d’immigration, soit présentée au Musée canadien de l’immigration du Quai 21. Interrogée sur l’impact que des artistes comme elle peuvent avoir sur la compréhension et la perception du public à l’égard de l’immigration et de l’identité, Stacey a répondu :

« Comme artiste visuelle, je peux avoir un impact que n’ont pas les autres moyens d’expression. Souhaitons qu’en voyant ces œuvres, il y aura des gens dont les idées préconçues changeront quelque peu, les incitant à vouloir en apprendre davantage et à se montrer de plus en plus tolérants ».

Vous pourrez en apprendre plus en visitant Trouver sa place seul ou dans le cadre d’une visite guidée du Musée, du mardi au samedi de 10 h à 17 h.

Ne manquez pas d’en apprendre davantage sur Stacey Tyrell lors du Panel sur la pratique des arts afro-canadiens : la photographie, le samedi 9 février de 14 h à 16 h. À cette occasion, Stacey Tyrell et d’autres artistes participants à Trouver sa place parleront de leur parcours personnel ainsi que de l’art et de l’identité afro-canadienne. Tous sont les bienvenus. Entrée libre.

Quatre femmes s’assoient sur un mur de briques, mais on ne voit que leurs jambes.

Stacey Tyrell, Position As Desired, 2001/2010, tirage numérique. © Stacey Tyrell et Dr. Kenneth Montague /Wedge Collection

 


Stacey Tyrell est née et a grandi à Toronto, au Canada. Elle a fréquenté l’Ontario College of Art and Design, où elle s’est spécialisée en photographie. En 2003, elle a été choisie comme l’un des meilleurs nouveaux photographes canadiens par la Gallery 44 de Toronto. Son travail a été vu dans des expositions telles que « Position As Desired: Exploring African Canadian Identity », au Musée Royal de l’Ontario et « Photography NOW 2009 », au Center for Photography à Woodstock, New York. Ses images font partie de la collection permanente du ministère du Patrimoine canadien et elles ont été publiées dans des publications telles que Canadian Art Magazine, Prefix Photo et Applied Arts Magazine. En 2012, elle a été récipiendaire d’une bourse du Ontario Arts Council aux artistes émergents.