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L'année 2012 marque le 40e anniversaire de la crise des réfugiés ougandais asiatiques. Le 4 août 1972, le président de l’Ouganda de l’époque, Idi Amin, a ordonné l’expulsion de la population asiatique du pays. À l’époque, il y avait plus de 80 000 personnes d’origine asiatique en Ouganda.[1] Avec seulement 90 jours pour quitter, les familles ont dû se démener pour trouver un endroit où aller. Beaucoup de ceux qui détenaient la nationalité britannique sont allés au Royaume-Uni, tandis que d’autres ont opté pour l’Inde. Les détenteurs d’un passeport ougandais se sont fait retirer leur citoyenneté, ce qui les a rendus apatride.

À l’époque, le Canada n’avait pas de représentation diplomatique en Ouganda. Une équipe a été envoyée dans la capitale Kampala, sous la direction de Roger St. Vincent pour aider à reloger les réfugiés. Entre le 6 septembre et le 6 novembre 1972, l’équipe a examiné, sélectionné et transporté plus de 6 000 réfugiés au Canada. La plupart de ces personnes se sont envolées pour le Canada sur des vols nolisés du gouvernement du Canada. Cet effort a représenté la première initiative du Canada pour déplacer un nombre important de réfugiés non européens. L’expérience a fait la démonstration au gouvernement du Canada de l’importance d’établir un cadre d’intervention pour les crises de réfugiés.[2]

À leur arrivée au Canada, les dossiers des réfugiés ougandais asiatiques ont été traités dans un centre spécialement mis en place à Montréal. Ils reçurent des manteaux chauds, des chapeaux et des bottes pour les préparer à affronter l’hiver canadien. De là, les familles ont été envoyées dans leurs nouveaux foyers partout au pays.

Une de ces familles a été envoyée vers la petite ville de Bridgewater, en Nouvelle-Écosse. Daxa Popat est arrivée à l'âge de 14 ans en compagnie de ses parents et de ses frères et sœurs en provenance de l’Ouganda. Quand Idi Amin a annoncé l’expulsion des Ougandais asiatiques, les Popat ont d’abord pensé qu’ils ne seraient pas touchés car ils avaient la citoyenneté ougandaise. Une fois cette politique renversée, la famille a dû choisir entre l’Inde et le Canada. L’oncle de Daxa, qui était ingénieur chimiste travaillant en Ontario, a parrainé la famille afin qu’elle puisse le rejoindre à Sarnia.

Lorsque les Popat ont atterri à Montréal, les responsables de l’immigration leur ont demandé où ils voulaient aller. Quand ils ont répondu « Sarnia », un fonctionnaire a alors demandé « Et pourquoi pas la Nouvelle-Écosse ? ». Il leur ont aussi dit qu’avec l’ouverture d’une nouvelle usine à Bridgewater, il y aurait de belles occasions d’emploi pour le père de Daxa, et que ce serait une bonne ville où pourraient grandir les enfants. La famille a accepté de changer sa destination pour Bridgewater et a quitté le jour suivant. Ils ont été accueillis à l’aéroport d’Halifax par deux couples des services locaux de l’immigration qui leur ont souhaité la bienvenue dans leur nouveau domicile. Aujourd’hui, les Popat résident toujours en Nouvelle-Écosse.

La famille attend à l’aéroport pendant que beaucoup de gens se tiennent derrière eux.

La famille Popat attend son vol à l’aéroport, en Ouganda. Image gracieuseté de Daxa Popat.

La famille se tient devant le drapeau canadien et porte de longs gilets d’hiver.

La famille Popat, à leur arrivée à Montréal, le 4 novembre 1972. Image gracieuseté de Daxa Popat.


  1. Madokoro, Laura. “Remembering Uganda.” ActiveHistory.ca. 28 mars 2012. 13 décembre 2012 http://activehistory.ca/2012/03/remembering-uganda/
  2. Molloy, Michael. “Molloy: Reflecting on the Ugandan refugee movement.” Western News. 3 octobre 2012 University of Western Ontario. 13 décembre 2012. http://communications.uwo.ca/western_news/opinions/2012/October/molloy_r...