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De rencontres fauniques et de nouveaux arrivants du Canada

Ours polaires de 900 livres et confrontations de moufettes :
Des histoires de rencontres fauniques et de nouveaux arrivants du Canada

Un homme s’agenouille pour photographier deux grands ours noirs.

Photographies de Roy Denis, né en 1928 dans le village de Pokrovskoye dans l’ex-URSS. Il a immigré à Halifax avec son père.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (DI2015.135.94)

Quand vous pensez au Canada, quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit? La neige? Le sirop d’érable? Une politesse indéfectible? La faune?

Nos collections débordent d’histoires et de récits oraux parlant de premières impressions du Canada. Plusieurs de ces histoires parlent de l’immensité du pays ou de la bonté de ses citoyens et de ses citoyennes. Naturellement, plusieurs de ces récits se concentrent sur les premières réactions que suscite l’hiver canadien (la diversité de notre climat semble toujours être un sujet de discussion).

L'Histoire orale de Dionne Sinclair

« Il y avait beaucoup d’espace, mais je me demandais pourquoi les arbres n’avaient pas de feuilles. Et, je pensais que quelque chose n’allait pas... Je pensais que Dieu avait peut-être maudit cet endroit. Pourquoi n’y avait-il pas de feuilles sur les arbres? Pourquoi n’y avait-il pas d’herbe? On ne voyait pas beaucoup de gens, il y avait moins d’enfants qui jouaient. Les gens étaient comme– maintenant, ils appellent ça le sentiment d’enfermement– mais, vous êtes enfermé à l’intérieur. Vous allez au travail, vous allez à l’intérieur parce qu’il fait si froid... Les choses se sont améliorées au printemps, quand tout a commencé à fondre et que j’ai vu de l’herbe pour la première fois. J’étais tellement excitée que je suis rentrée à la maison, et j’ai dit : "Maman! Devine quoi! J’ai vu de l’herbe, comme chez nous!" Elle a ri de moi. »

Une femme en haut rose est assise et parle.

Tiré de l’histoire orale de Dionne Sinclair, qui a quitté la ville jamaïcaine de Kingston à l’âge de deux ans pour immigrer au Canada

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21

La nature est un élément clé de l’identité du Canada. Plusieurs premières impressions du Canada parlent principalement de la nature sauvage du pays. À leur arrivée, les immigrants se demandent dans quel genre de nature sauvage (ils) ont mis les pieds. Selon l’endroit, que ce soit en forêt, dans une chaîne de montagnes ou dans un espace ouvert, le Canada abrite des habitants de la variété non humaine. Bien que rencontrer des grizzlis, des moufettes, des baleines à bosse ou des ours polaires puisse être courant pour certains citoyens canadiens chevronnés, il s’agit d’une surprise et d’une aventure pour un nouvel arrivant. Nous voulions explorer ce thème plus en profondeur et plonger dans nos collections et nos histoires orales afin de trouver d’autres histoires parlant de nouveaux arrivants rencontrant pour la première fois des animaux canadiens.

L’Histoire d’immigration de Trijn Steenbergen Lopers
Frits Lopers (né en 1918) et Trijin Steenbergen (née en 1920) sont nés à Koekange, une petite ville située non loin de Meppel, dans la province de Drenthe, dans l’est des Pays-Bas. Ils ont décidé d’émigrer, car ils trouvaient que l’économie des Pays-Bas leur offrait peu d’opportunités...

« Dans nos familles, nous avons été les premiers à décider de quitter les Pays-Bas... Il y avait cette lettre du Canada indiquant qu’un agriculteur d’Alma, en Ontario, avait besoin d’aide... Le 16 mai 1950, nous sommes partis dans un grand et vieux navire portant le nom de Volendam. Nous avons voyagé pendant 10 jours. Il n’y avait pas que des Néerlandais à bord du navire. Les hommes étaient tous ensemble dans la même pièce, environ une centaine d’hommes. Les enfants restaient avec les mères, les quatre enfants étaient donc avec moi. Les lits étaient superposés, trois de haut et sans rampes. Certaines personnes avaient le mal de mer. Un homme a vomi par-dessus bord et a perdu ses fausses dents dans l’eau. Nous n’avons vu que de l’eau, de l’eau, de l’eau, mais le 26 mai, nous avons atteint la rive d’Halifax. »

« Lorsqu’elle est arrivée en Ontario, la maison n’était pas si mal, mais il n’y avait ni évier ni eau courante. Il fallait aller en chercher à la pompe qui se trouvait à l’arrière de la maison. Il y avait une toilette à l’arrière, une toilette creusée, et nous avons remarqué que des moufettes se glissaient parfois à l’intérieur. Nous ne savions pas ce qu’était une moufette et quand Frits a remarqué à quel point les adultes avaient peur d’une moufette qui marchait dans la cour de la ferme, il s’est dit qu’il leur montrerait à quel point il était courageux et a donné un coup de pied à cette moufette avec sa chaussure en bois. Après ça, nous savions tous ce qu’était une moufette... »

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (S2014.337.1)

L'Histoire d’immigration de Finn Sander
Nos collections renferment plusieurs histoires de gens qui ont commencé leur voyage vers le Canada en traversant l’Atlantique. Ces récits présentent une tout autre catégorie d’animaux sauvages canadiens. Dans son histoire d’immigration, l’immigrant danois Finn Sander raconte l’aventure qu’il a vécue en 1953, lorsqu’il a traversé l’océan pour venir au Canada...

« Notre excitation n’a pas été atténuée par le fait qu’une fois passés sous le Groenland et en approche de Terre-Neuve, nous avons fait face à des conditions comparables à celles que le Titanic avait rencontrées dans cette même région une quarantaine d’années auparavant. Des bancs de brouillard, la banquise et de petits icebergs en abondance. Nous avons eu une collision quand une grosse baleine s’est retrouvée sur le chemin de notre navire. Ce fut pour moi un événement fortuit, car je me trouvais alors sur le pont avant. J’ai pu clairement observer l’incident. Il faut mentionner que la version du capitaine, qui a été communiquée aux passagers par l’entremise du système de haut-parleurs du navire, était que le bateau avait heurté une baleine morte. Il avait peut-être raison, après tout...»

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (S2012.363.1)

L'Histoire d'immigration de Maurice Claeys

Une très vieille photographie d’un homme debout entre deux bancs de neige.

Photographie de Maurice Leon Claeys, mars 1966.

En ce qui concerne les normes canadiennes de rencontres avec la faune sauvage, les moufettes et les baleines peuvent ne pas sembler extrêmes, mais nous ne nous sommes pas encore aventurés dans les histoires d’immigration qui se sont déroulées plus au nord. Maurice Claeys : « J’ai pris ma décision. Pour moi, ce serait l’Amérique. Et donc, le 24 mai 1927, j’étais au grand port d’Anvers pour monter à bord du Pennland Cunard. » À son arrivée, Maurice a fait du débroussaillement en vue de la construction d’une nouvelle voie ferrée au Manitoba.. . .

« Nous étions douze, des Belges sans expérience, tous des ouvriers forestiers inexpérimentés. Nous avons accepté un travail de débroussaillage d’un demi-mille, couper de grands arbres et les brûler. C’était vraiment une région sauvage, des marécages, des fondrières de mousse, l’isolement, et aucun être humain à des centaines de kilomètres. Pendant cette période, il est survenu un incident que je n’oublierai jamais. En route vers la ligne de la baie d’Hudson, au mois d’août 1929, je me suis senti très heureux et j’ai décidé de faire une promenade. Je sifflotais un air, puis c’est arrivé à peu près à mi-chemin. J’ai regardé de côté, vers la broussaille, et à ma grande surprise, il y avait un gros ours polaire au poil argenté qui me regardait fixement à environ vingt-cinq pieds de là. Mon sifflotement a abruptement pris fin et j’ai senti mes cheveux se dresser sur ma tête. C’était comme si j’étais paralysé. Cette fois-là, même un lièvre n’aurait pas pu me rattraper. L’ours a ensuite été abattu plus haut sur la ligne. Il pesait neuf cents livres. Je n’avais jamais vu un ours d’aussi près, sauf au zoo. »

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (DI2013.710.4)

Gaëtan Pierrard

Un homme fait du traîneau à chiens.

Photographie de Gaëtan Pierrard

Crédit : CBC / Julien Schroder / Yukon Quest / 2016.

Le Nord appelle tout particulièrement les âmes aventurières et ceux qui souhaitent profiter de la nature. Gaëtan Pierrard, un conducteur d’attelage de chiens d’origine belge qui habite au Yukon, en est un bon exemple. Dans la nouvelle balado du Musée, D’innombrables voyages, il parle de ce qui l’a poussé à immigrer au Canada. Gaëtan : « Quand on arrive au Yukon, il y a de moins en moins d’humains et de plus en plus de forêts. Ça m’a plu. » À l’origine, Gaëtan était venu au Canada pour apprendre l’anglais. Il s’est retrouvé à Dawson, au Yukon, et a découvert la course Yukon Quest (Quête du Yukon). Une passion est née. Yukon Quest est une course de 1 600 kilomètres entre Whitehorse, au Yukon, et Fairbanks, en Alaska. Avec leur attelage de traîneau à chiens, les participants affrontent individuellement le climat rigoureux du Yukon au mois de février pendant 10 à 13 jours. Gaëtan : Avant, j’étais à peine conscient de l’existence des traîneaux à chiens. Grâce à sa détermination, son rêve de participer à la course Yukon Quest s’est matérialisé en 2016. Il a terminé la quête au rang de lanterne rouge (terme utilisé pour désigner les derniers arrivés). L’expérience de Gaëtan n’en a pas été atténuée. Il se souvient affectueusement de son aventure et parle des dix années qu’il a mises à se préparer comme d’un rêve en devenir.

L'Histoire orale avec Xiao Fei Zang
L’orignal et le castor sont les mascottes du Canada, mais le pays abrite de nombreuses autres espèces. Le Canada abrite 70 % de la population mondiale des ours polaires. Les résidents du Manitoba laissent les portes de leur voiture déverrouillées afin de permettre aux potentielles victimes d’attaques d’ours polaires de se réfugier. Il n’est pas rare d’apercevoir des cerfs, des moufettes, des porcs-épics, des ratons laveurs, des ours ou des orignaux en conduisant sur les autoroutes de la côte Est. Il est (presque) garanti que les gens visitant le littoral canadien verront des épaulards. Voici ce dont se souvient Xiao Fei Zang, qui a quitté la ville chinoise de Shandong en 2011 pour immigrer au Canada :

« Quand je suis arrivée à Halifax. C’est comme si l’air... il entrait par mon nez et ressortait directement par mon corps. C’était comme, oh mon Dieu, je n’avais jamais senti de l’air comme celui-là. Si frais! Quand mon mari est venu me chercher à l’aéroport de Halifax, je me suis dit : "Oh mon Dieu, la forêt!" Et c’est à ce moment qu’un chevreuil s’est pointé. C’était comme, oh mon Dieu, je suis arrivée au pays des merveilles! »

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (12.08.23XFZ)

La beauté naturelle du Canada, à la fois sauvage et vaste, peut occasionner un certain choc culturel. Continuez d’explorer!

Un jeune garçon souriant tient un jouet en peluche de raton laveur.

Un réfugié du Kosovo à la BFC Aldershot, Kentville, Nouvelle-Écosse, 1999, tenant un raton laveur en peluche.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.635.10)

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