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Pathways to Toronto : un partenariat collaboratif


Produit par des étudiants et la faculté à l'Université de Toronto, Pathways to Toronto [Chemins vers Toronto] est une exposition en ligne qui explore l'histoire de vie de six personnes qui ont déménagé vers Toronto pour y habiter et y travailler au cours des deux derniers siècles.

L'exposition en ligne Pathways to Toronto est le produit d'une collaboration unique et innovatrice entre le Toronto Ward Museum (TWM) et les étudiants et chercheurs de l'Université de Toronto, au Canada. Le projet est né lors de la conférence de Dr Donna Gabaccia, Digital History : Pathways to Toronto [Histoire numérique : Chemins vers Toronto] du Département des Études historiques et culturelles à l'Université de Toronto Scarborough. Commencé en septembre 2015, le cours enseigne aux étudiants en fin de programme les méthodes et approches numériques pour étudier l'histoire, en se concentrant sur l'immigration vers Toronto au cours des deux derniers siècles. Chaque étudiant a choisi une histoire de « chemin » d'une personne dont les voyages et déplacements les ont amenés à Toronto. Certains étudiants ont fait des recherches sur les personnages historiques alors que bien d'autres ont rencontré des personnes encore bien vivantes, y compris leurs propres parents et leurs proches. Les étudiants du cours de maîtrise Global Cultures and Museums [Cultures globales et musées] (iSchool, Université de Toronto) ont repris le projet Pathways to Toronto en janvier 2016. Travaillant en groupes, leur tâche principale était l'interprétation des six histoires de « chemins » choisies par le TWM parmi les quatorze projets développés par les étudiants de Digital History. Les étudiants à la maîtrise ont également effectué des recherches historiques supplémentaires et préparé des scénarios pour l'exposition en ligne finale. À chaque niveau, presque chaque étudiant a répondu, lors d'évaluations de fin de projet, que le projet Pathways était une expérience exigeante, mais stimulante.

Le travail collaboratif est essentiel pour la création d'expositions muséales, et l'engagement du public est de plus en plus important pour les universités. Pourtant, les partenariats entre les musées et les étudiants universitaires ne sont pas chose commune, et le travail effectué dans les salles de classe de premier cycle est rarement utilisé dans les institutions culturelles. C'est pourtant un travail qui vaut manifestement la peine d'être fait. Par tout leur travail acharné, les étudiants obtiennent une expérience professionnelle tangible qui peut fièrement figurer sur leur curriculum vitæ. Le projet Pathways a eu plusieurs avantages pédagogiques. Il a ajouté une part de travail numérique, collaboratif et de conservation au programme de premier cycle en Histoire, et il a incorporé la recherche et la théorie historique au programme de maîtrise en Études muséales. Les enseignants y trouvent aussi leur compte, ayant la chance de conjuguer inventivité et enseignement, de créer du contenu original avec leurs étudiants, et de développer des partenariats interdisciplinaires et productifs à l'extérieur de l'université. Au niveau administratif, de nombreuses universités affirment ainsi leur engagement envers la mobilisation communautaire. En finançant et en faisant la promotion des partenariats avec les institutions culturelles, les universités peuvent préparer leurs étudiants à travailler après avoir reçu leur diplôme, aider leur faculté à la production de bourses innovatrices, et maintenir un engagement significatif avec le public et les communautés institutionnelles. Pour sa part, en conservant et en accueillant le travail universitaire, le musée développe du contenu unique, fait croître son public, engage sa communauté, tisse des liens avec les partenaires académiques et appuie le développement de carrière des étudiants. Il y a espoir que ce genre de programmation inventive attire aussi du financement ou des commanditaires pour l'institution culturelle impliquée. Idéalement, le succès de Pathways encouragera d'autres musées, y compris des institutions plus établies, à rechercher des collaborations du genre.

Le TWM n'est pas un musée typique. Il est jeune, administré par une petite équipe engagée et qui ne cesse de croître. C'est un espace numérique et interactif avec, à son cœur, les valeurs d'inclusion, de justice sociale et d'engagement civique. De plus, le TWM se distingue des autres musées, car il est un effort communautaire pour établir une institution culturelle qui cherche, invite et crée un espace propice à ce genre de partenariat. La mission et la philosophie du musée complètent les approches théoriques et pratiques des deux cours universitaires, notamment de « développer les cadres interprétatifs et les techniques de narration d'une exposition numérique tout en réfléchissant de façon critique à une série de concepts et leurs histoires : globalisation, immigration, multiculturalisme, cosmopolitanisme, diversité, mobilité, et bien d'autres. » Une alliance robuste s'est développée autour de cette mission centrale entre les directeurs de faculté et le fondateur de TWM, Gracia Dyer Jalea. Ils attribuent le succès de leur cogestion du projet Pathways à leurs perspectives critiques communes, ainsi qu'à leur communication continue et amicale.

Le projet a fait face à certains défis. Son échéancier était limité par la structure du semestre universitaire. Chaque cours a pu profiter d'une approche de gestion de projet offerte par la faculté. Pour respecter l'échéancier, il fallait coller à un plan de travail qui tenait compte du travail de cours. La faculté, le personnel et le TWM ont partagé le travail en ligne (par courriel et Google Drive) et communiqué par conférences téléphoniques et lors de réunions en personne. Les partenaires du TWM ont visité les classes pour écouter les présentations des étudiants et pour offrir une rétroaction au début, au milieu et à la fin du semestre. La direction du projet a décrit la communication harmonieuse qui régnait lors de la planification. Par la même occasion, certains étudiants ont signalé qu'ils souhaitaient plus de consultations en classe avec leurs partenaires du TWM, et une vision plus concrète du format final et de la conception finale de l'exposition. Comme lors de beaucoup d'expériences créatives, le format final s'est dessiné à travers leur travail.

Pathways to Toronto a été un projet-pilote réussi. Le dur labeur et la créativité des étudiants est au cœur de cette réussite. Lors des entrevues de fin de projet, le leadership a également souligné les contributions des spécialistes et du personnel de soutien. Ce projet a grandement profité de l'expertise et du travail de l'unité des Études numériques à l'Université de Toronto Scarborough, notamment Lydia Zvyagintseva, bibliothécaire des Études numériques pour les Sciences Humaines, et la bibliothécaire-chef adjointe Sarah Forbes. Lydia a travaillé avec Professeure Gabaccia à la conception et à l'enseignement de « Digital History ». Elle a été essentielle à la réussite de la première phase du projet. Sarah Hamdi, experte des communications numériques du TWM, a aussi joué un rôle crucial lors de la deuxième phase du projet. Elle a été conseillère, conceptrice et chef technique de l'exposition en ligne finale. L'équipe du projet comprenait également Stephanie Cavanaugh, d'abord embauchée comme assistante de recherche (projet d'amélioration et d'évaluation du programme d'histoire numérique à l'UTSC) et par la suite embauchée par le TWM comme conseillère de recherche historique pour l'exposition. En plus du travail des étudiants, des professeurs et des partenaires institutionnels, un projet de cette envergure exige la présence d'une gestion et administration de projet, d'un soutien technique et de conception, d'une assistance à la recherche, de même que des services conseils, de marketing et de communication.

Lors du processus d'évaluation final, les professeurs, les étudiants, les spécialistes et les partenaires du TWM ont fait part de leurs recommandations pour des meilleures pratiques dans les collaborations entre musées et universités :

  • Établir une mission, un public et un format clairs. Quelles sont les attentes de l'hôte (musée, institution culturelle) en ce qui concerne le projet étudiant final? Ces attentes reflètent-elles les exigences de cours, ou faudra-t-il effectuer plus de travail par la suite pour terminer le travail?
  • Obtenir du financement. Demander des subventions de cours pour embaucher du personnel de soutien, car ces gens sont aussi précieux que les enseignants, des conseillers et des experts de leurs domaines respectifs. On parle, par exemple, de bibliothécaires, d'experts du numérique, d'assistants de recherche, de spécialistes de l'information, de gestionnaires de projet, de concepteurs, etc.
  • Terminer la paperasse essentielle d'avance. Obtenir les formulaires de consentement remplis et signés, de même que les ententes de confidentialité et de permissions de droits d'auteur dès le début du projet. Enregistrer et partager les coordonnées de tous les participants.
  • Établir des rôles et attentes clairs pour tous les participants avant d'amorcer le travail de cours. Les étudiants feront-ils les recherches principales? Organiseront-ils les entrevues? Utiliseront-ils les outils numériques? Serviront-ils d'interprètes ou de conservateurs? Auront-ils leur mot à dire en ce qui concerne la mise en forme et la conception finales?
  • Prévoir des points de vérification des progrès au début, au milieu et avant la fin de l'échéancier du projet. S'entendre sur les paramètres de communication avec toutes les parties. Établir un processus de consultation clair entre les partenaires.
  • Formuler des définitions claires en ce qui concerne les concepts et termes clés, surtout pour les partenariats interdisciplinaires. La terminologie professionnelle et théorique varie d'un domaine académique à l'autre, et elle n'est pas toujours connue du grand public.
  • Tenir un journal du processus. Prendre des notes et effectuer des évaluations régulières avec tous les participants (nous avons recouru à Google Forms). C'est un outil de communication important entre partenaires. Il crée une archive du process facile à partager avec les collègues et la communauté, et peut être utile pour les demandes et présentations de rapports auprès des institutions de financement.

Pour visiter l'exposition en ligne, rendez-vous sur : www.wardmuseum.ca/pathways