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Quelle est votre vision d'une communauté culturellement diversifiée et « intégrée »?

Au cours de la dernière décennie, le mot « intégration » tant à la mode a largement guidé le discours de l'immigration au Canada. Les analystes politiques, les universitaires, les travailleurs chargés de l'établissement des immigrants, les nouveaux arrivants et les membres de la communauté ont utilisé le mot « intégration » pour définir le but ultime de l'immigration et de l'établissement des immigrants. Pourtant, en dépit de la prévalence du terme, nombreux sont les points de vue à différer sur ce que l'on entend par « intégration », autant en ce qui concerne sa définition que son application pratique.

Certes, dans l'ère post-Trudeau du multiculturalisme, l'utilisation du terme « intégration » reflète un changement dans les valeurs canadiennes. Ce changement représente un passage d'un passé « assimilateur » vers une plus grande appréciation de la diversité culturelle où l'on s'efforce d'encourager la citoyenneté active et l'appartenance communautaire des nouveaux arrivants au Canada. Certains affirment cependant que le terme « intégration » n'est que le simple remplaçant sémantique du terme « assimilation », avec très peu de réelles différences sur le terrain en ce qui a trait au processus d'établissement des nouveaux arrivants au Canada.

Que signifient donc l'intégration et l'établissement au niveau communautaire ? Quand une personne éprouve-t-elle un sentiment d'appartenance ? Comment les membres de la communauté, qu'il s'agisse de nouveaux arrivants ou de résidents établis, peuvent-ils créer un environnement où les gens de différents milieux culturels se sentent acceptés pour ce qu'ils sont, liés à leur communauté et appréciés pour leurs contributions ?

Le Réseau d'intégration communautaire (RIC), un réseau informel d'intervenants et d'organisations en Nouvelle-Écosse, estime que c'est au niveau de la communauté que les solutions créatives à ces questions peuvent être trouvées et que de nouvelles questions peuvent surgir.

Le 12 mai, le Réseau d'intégration communautaire a tenu un Symposium sur l'intégration et la diversité communautaire au Musée canadien de l'immigration du Quai 21. Contrairement aux symposiums traditionnels qui présentent des conférenciers et des experts, le forum était plus informel et mettant davantage l'accent sur le partage des connaissances et des expériences. Les participants pouvaient choisir ce dont ils allaient parler et comment ils allaient l'exprimer.

Merek Jagielski, chef de file chez les bénévoles du RIC, décrit ainsi l'approche du développement communautaire du Symposium :

« Le but principal de ce Symposium est de consulter les membres de la communauté et de les écouter parler des perspectives et des idées qu'ils ont au sujet des meilleures approches pour faire en sorte que l'intégration communautaire se fasse bien en Nouvelle-Écosse.

La vision d'une “communauté intégrée et holistique” défendue par le Réseau pourrait nous conduire à travailler sur un changement de paradigme communautaire pouvant éventuellement se traduire par un développement de la stratégie d'intégration communautaire en Nouvelle-Écosse. »

En adoptant un forum ouvert et une approche informelle, le Symposium a fourni aux gens un espace qui leur a permis de se réapproprier le sens de l'intégration et de le mettre en pratique. Cela permet d'élever notre compréhension de l'intégration au-dessus du niveau abstrait de la sémantique pour le placer au niveau même de nos communautés, où un sens partagé de l'inclusion, de la valeur et de l'appartenance importe plus que tout.