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Re-créer l’histoire de ma famille

Effectuer un stage d’enseignement alternatif au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 a été pour moi une expérience un peu surréaliste. En tant qu’étudiante en pédagogie actuellement captivée par le monde de l’éducation muséale, ce stage dans un musée national a été une occasion que j’ai été heureuse d’accepter. J’ai vraiment apprécié travailler dans différents domaines de l’éducation, de pouvoir faire l’expérience de l’enseignement en classe, comme en-dehors.

Quand je parle de mon expérience au Quai 21 comme étant surréaliste, ce n’est pas parce que j’ai visité le Musée alors que j’étais toute petite - même si c’est vrai et que j’ai beaucoup apprécié. C’est parce que mes grands-parents, Rosario et Dorina De Palma, sont entrés au Canada en provenance de l’Italie par les portes du Quai 21. C’est parce que ce Musée, avec sa collection d’histoires, constitue un élément important dans l’histoire de ma famille.

Dans le cadre de l’un de nos programmes éducatifs, nous proposons aux étudiants de vivre l’expérience d’immigrer au Canada par le biais de jeu de rôle. Durant le programme, intitulé Programme de l’immigrant reçu, on donne aux étudiants des passeports qu’ils doivent remplir, créant ainsi un personnage d’immigrant qui désire entrer au Canada. Le personnel du Musée et les stagiaires agissent comme agents d’immigration et interrogent les étudiants afin de voir s’ils sont de bons candidats pour entrer dans notre beau pays.

Les étudiants sont souvent de grands acteurs et embrassent pleinement cette activité de jeu de rôle. Parfois, les étudiants « falsifient leurs papiers » et écrivent par erreur qu’ils sont âgés d’un an, ce qui conduit à une entrevue intéressante au bureau d’immigration. Une fois qu’on leur accorde le droit d’entrée (ou qu’ils sont déportés, à leur grand dam), les étudiants reçoivent le sceau officiel dans leur passeport.

Au cours de ma première semaine au Musée, j’ai aidé à présenter ce programme pour un groupe d’élèves allant du primaire à la 6e année. Alors que j’enfilais le chapeau d’un officier de l’immigration avec mon uniforme du Quai 21, me sentant immensément officielle, j’ai aidé à recréer l’expérience qu’auraient vécue beaucoup d’immigrants à cette époque.

Mon rôle était de traduire : je parlais aux étudiants en anglais et traduisais ce que les agents d’immigration disaient en français, tandis que les élèves observaient avec une expression perplexe et nerveuse. Les agents d’immigration parlaient aux immigrants en anglais ou en français, ce qui causait de la confusion et de la mauvaise communication pour les immigrants qui parlaient une autre langue première. Les traducteurs ont été d’essentiels facilitateurs de compréhension pour les personnes qui voulaient commencer une nouvelle vie au Canada.

Comme j’effectuais la traduction pour ces jeunes élèves et les aidais à entrer au Canada (c.-à-d. collectionner plus de timbres dans leur passeport) j’ai eu ce moment bizarre de réalisation : j’étais en train de recréer l’expérience que mes grands-parents avaient dû vivre il y a de cela tant d’années. Ils auraient dépendu d’un traducteur pour les aider à entrer au pays, débuter une nouvelle vie ensemble et commencer l’histoire de notre famille en tant que Canadiens. Ce musée et l’histoire de ma famille ont toujours été liés, mais ce moment de recréation m’a permis de vraiment me connecter à l’expérience de mes grands-parents qui entraient au Canada par les portes du Quai 21.

Le Musée canadien de l’immigration du Quai 21 est souvent décrit comme un musée d’histoires. Mon stage en éducation alternative m’a aidée à explorer l’histoire de ma famille. Il a motivé mon intérêt afin d’en savoir plus sur l’expérience de mon Nonno et de ma Nonna. Je voulais savoir comment c’était quand ils sont venus sur leurs navires, le Saturnia et le Vulcania. Quel type de nourriture mangeaient-ils? Que pensaient-ils du Canada ? Étaient-ils nerveux ou avaient-ils hâtes ? Ont-ils essayé d’introduire clandestinement des saucisses dans leurs valises ?

Ce musée a une immense collection d’histoires d’immigrants venant de partout dans le monde afin de commencer une nouvelle vie au Canada. Je suis incroyablement reconnaissante de cette occasion pour moi d’en savoir plus sur ces histoires et de pouvoir explorer l’histoire de ma propre famille. Et dire que j’étais au départ juste heureuse de pouvoir porter un chapeau d’agent officiel d’immigration !