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« Une erreur fatale 0E est survenue… Pressez une touche pour continuer »

Saviez-vous que vous aviez une archive numérique ? Est-ce que votre film favori est en VHS mais vous ne pouvez le regarder parce que votre magnétoscope est brisé ? Avez-vous déjà perdu tous vos fichiers et souhaité vous arracher les cheveux en tentant de les récupérer ?

Si vous avez des photos numérisées ou de la musique sur un lecteur mp3, alors, mon ami, vous avez une archive numérique. Depuis qu’il est devenu musée national en 2011, notre Musée a priorisé l’acquisition de contenu numérique et concentré ses efforts de collection sur l’amélioration de toutes les collections du Musée, et en particulier son contenu numérique.

Une de mes plus grandes craintes serait de perdre le contenu de notre Collection, surtout s’il s’agit d’irremplaçables témoignages oraux et histoires écrites! Afin de protéger la Collection, nous avons lancé un programme de préservation numérique active, afin d’avoir en main des copies de sécurité de tous nos objets numériques, sur place comme hors site. En cas d’urgence (environnementale ou technique), nous serons prêts à récupérer nos copies de sécurité en tout temps et en tout lieu. Ce programme nous assurera également que le contenu numérique qui fait aujourd’hui partie de la Collection demeurera accessible au fil des ans pour les générations à venir qui s’intéresseront à l’histoire de l’immigration canadienne.

Tout blogue de musée qui se respecte se doit de comporter un brin d’histoire...

Avec le développement rapide de la technologie au 20e siècle, les archivistes, libraires et gestionnaires de collections muséales faisaient face à du contenu nouveau et en évolution offert en don pour leurs collections. Ensemble, ils ont dû trouver de nouvelles stratégies de conservation fondées sur les normes et les pratiques optimales du passé. Le travail d’une grande diligence qu’ils ont entrepris dans ce domaine se poursuit depuis les années 1970. Ce qui a commencé par la partage d’expériences entre quelques individus à la recherche de nouvelles pratiques optimales est aujourd’hui devenu un mouvement international comportant des normes enregistrées ISO et des pratiques optimales reconnues et adoptés à l’échelle internationale par les archives, les bibliothèques et les musée

Pourquoi le programme de conservation numérique est-il si important ?

La réponse est assez simple. Contrairement à bien des musées, la plus grande part de notre Collection est composée de contenu numérisé ou d’origine numérique. En tant qu’organisation, nous devons :

  • Identifier ce qui doit être préservé et pendant combien de temps
  • Identifier les ressources humaines et financières dont nous aurons besoin pour récolter et protéger la Collection
  • Approuver les politiques et les normes qui serviront de guide pour effectuer la conservation numérique

À défaut de le faire, nous nous exposons à perdre notre contenu numérique. L’histoire culturelle canadienne pourrait se trouver effacée à jamais en raison d’une suppression accidentelle, d’une possible panne de serveur ou d’autres menaces physiques telles que les inondations, les ouragans et autres aléas de la météo. Mais avec un plan bien implanté, nous ne permettrons pas que ça se produise. Notre Collection court aussi le risque de devenir obsolète si les fichiers ne sont pas adéquatement surveillés en vieillissant.[1] Si vous ne me croyez pas, faites confiance à Digiman et Team Digital Preservation !

Présentement, notre programme est en démarrage, mais nous mettons déjà en place de solides assises en créant les normes et les procédures qui guideront notre travail journalier. En raison du grand volume de fichiers audio, vidéo et d’images fixes, le personnel des Collections et des TI doit veiller à traiter les collections actuelles et prévoir leur croissance au cours des décennies à venir.

Avez-vous des fichiers ?

Alors, avec toutes ces données à traiter, par quoi avons-nous débuté? Premièrement, j’ai rassemblé notre personnel des collections, d’histoire orale et de TI pour leur demander : « Quel contenu avons-nous en main et souhaitons-nous préserver ? Pendant combien de temps souhaitons-nous ou devrons-nous le conserver ? »

En ce qui nous concerne, le constat était très simple. Nous savions que nous devions être en mesure de conserver nos collections le plus longtemps possible. Nous savions aussi que peu importe les stratégies choisies pour atteindre ce but, elles devaient être durables et pouvoir s’adapter si nous voulions les voir survivre.

Quelle a été l’étape suivante ?

Nous avons procédé à l’analyse du contenu. Notre équipe s’est attaquée aux fichiers, aux logiciels et aux systèmes matériels afin de bien les connaître et de faire des observations quant aux carences, dédoublements, désorganisations, etc. Nous avons ensuite estimé les taux de croissance des données au cours des années à venir afin de les comparer à la croissance de notre système de conservation actuel.

Qu’avons-nous découvert ?

Nos serveurs actuels ne suffiront pas à héberger les collections existantes et la croissance prévue.

Donc, nous savions où nous en étions et quels enjeux immédiats nous attendaient.

Quelles seraient les étapes suivantes ?

Nous avions besoin d’un plan et de recherche. Munis des meilleures pratiques, des normes et d’études de cas provenant d’établissements comparables, je suis parvenue à rédiger une norme de conservation numérique et à définir un programme qui réponde le mieux possible à nos besoins actuels comme à ceux des années à venir.

En sachant ces éléments en place, j’ai pu m’assurer que les collections numériques du Musée demeureront en sécurité et accessibles à notre personnel et au grand public dans presque toutes les éventualités. L’écran bleu qui signale la mort d’un ordinateur ne fait désormais plus partie de mes craintes les plus vives !

Un écran bleu de Windows sur lequel se trouve un texte blanc. On l'appelle cet écran l'Écran bleu de la mort.

L’écran bleu fatal. Windows '95 (Microsoft)

Si vous faites face à de tels défis, je vous réfèrerai au vidéo de formation en gestion de la conservation numérique produit par la Bibliothèque de l’Université Cornell ainsi qu’aux ressources développées par de grands esprits tels que Nancy Y. McGovern, présentement chef des services de conservation et de préservation aux bibliothèques du MIT (une des instigatrices de l’atelier sur la gestion de la conservation numérique).[2] Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine est aussi une excellente source d’information et d’outils pour partir du bon pied ![3]

Avez-vous mis en place un programme de gestion de la conservation numérique pour votre Collection ? Parmi les leçons apprises, lesquelles croyez-vous utiles ? Faites-le nous savoir !


  1. Un bon exemple de format de fichier presque obsolète est le disque cartonné de 15 po. À quand remonte votre dernière utilisation de ce support ? En avez-vous même déjà vu un ?
  2. http://www.dpworkshop.org/dpm-eng/eng_index.html
  3. http://www.rcip-chin.gc.ca/sgc-cms/nouvelles-news/francais-french/