Skip to the main content

Traces du passé

Partout où vous regardez, il y a des traces du passé. Pour certaines de ces traces, vous passez sans même les remarquer. Mais d’autres attirent votre attention, suscitent votre curiosité et vous font vous demander : « D’où vient donc cette chose ? Qui donc se souciait suffisamment de cet objet pour le polir avec amour jusqu’à ce qu’il resplendisse ? Quelles histoires se cachent sous les couches de poussière accumulées pendant des années, alors que l’objet était oublié, loin des regards ? Si cette évocation physique du passé pouvait parler, quelles sont les histoires qu’elle nous raconterait ? »

Êtes-vous déjà tombé sur un tel objet ?

Image d'archives montrant un homme en uniforme militaire et une femme qui lui tient le bras.

Mon grand-père, Robert Barnett, dans son uniforme de la RCAF. J’adore cette photo et je l’ai toujours avec moi.

Alors que j’étais une jeune fille, j’avais tout le temps le plaisir de croiser de tels objets intéressants, véritables rappels du passé. Mon grand-père était navigateur au sein de la RCAF Ferry Command, et après la Deuxième Guerre mondiale, il volait avec les équipages aventureux de la compagnie aérienne Wardair. En même temps que les meilleures histoires possibles, que seul les grands-papas peuvent raconter, la maison de mes grands-parents était remplie de grands mystères du monde qui s’étalaient bien au-delà de leur salon. Que ce soit une statue de Bouddha du Japon ou des imprimés Inuits de son temps passé à Alert, au Nunavut, chaque objet venait avec le souvenir d’un moment dans le temps qui me fascinait dans toute ma jeunesse

Quiconque a déjà regardé de vieilles photos de famille en se demandant « mais qui diable est-ce garçon ? » peut comprendre que parfois, la valeur de nos souvenirs vient non seulement de l’objet lui-même, mais aussi de l’histoire qu’il détient. Préserver les souvenirs entourant un objet, ainsi que l’objet lui-même, constitue une grande part de ce que nous faisons au quotidien au département de la Collection du Musée.

Nous sommes des enquêteurs. Nous recherchons tout ce qui peut être possible pour en savoir plus sur un objet et nous documentons celui-ci afin d’assurer qu’une fois le moment venu pour nous de quitter le Musée, la connaissance que nous avons acquise demeurera en vie au sein de la collection. Notre Musée est rempli avec d’images, d’artéfacts et d’histoires intéressantes.

Au fil du temps, les relations entre les traces physiques ou numériques du passé et l’histoire qui se trouve derrière elles peuvent se séparer. Cette dislocation se produit dans tous les musées. C’est pourquoi nous avons entrepris un projet pluriannuel de catalogage en vue d’améliorer nos dossiers existants, d’identifier les pièces avec des histoires personnelles qui s’y rattachent, et de placer ces objets de collection dans le contexte historique plus vaste qui a conduit à ce qu’ils soient apportés au Canada. Pour ce faire, nous avons une équipe de catalogueurs d’artéfacts, d’archives et d’images numériques. Afin de soutenir ces chercheurs curieux, un commis d’entrée de données dédié numérise nos dossiers en préparation au lancement de la base de données du Musée : CollectiveAccess.

Deux femmes assises sur le plancher d'une salle d'exposition. Elles travaillent sur des artéfacts.

Deux catalogueurs en plein travail dans leur habitat naturel, enregistrant des artéfacts actuellement exposés ici au Musée.

Récemment, j’ai eu le plaisir de tomber sur un blogue intitulé “The registrar: A strange, endangered breed of animal rarely spotted” (Le régistraire : espèce animale étrange, en voie de disparition et rarement aperçue) de la collègue spécialiste des collections Angela Kipp. Le blogue est à la fois amusant et instructif ; le portrait qu’elle trace des professionnels des collections comme étant insaisissables et mystérieux aux yeux du monde en général est adéquat. Il est vrai que notre équipe de la Collection travaille toujours dans une terre remplie de mystères, une terre qui ressemble bien à celle imaginée dans le conte Where the Wild Things Are (Max et les Maximonstres). En même temps, je nous comparerais davantage aux lutins du cordonnier, parce que peut-être vous ne pouvez nous voir, mais vous savez que nous sommes là, à travailler dans l’ombre pour aider le Musée à atteindre ses objectifs de programmation et d’interprétation.

Bien que je semble avoir brossé un tableau de notre personnel de la collection (moi y compris) comme étant l’archétype même du nerd, ce n’est pas le cas. Là où nous travaillons se rapproche davantage à un département des mystères[1] qu’aux entrepôts poussiéreux stéréotypés qui sont si souvent dépeint à la télévision. En équipe, nous travaillons pour reconnecter les souvenirs aux traces physiques de leur passé, pour leur redonner vie, une vie qui durera aussi longtemps que les générations futures veulent bien en apprendre.

Et qu’est-ce qui se passe lorsque nous avons fini ? Et bien, nous partageons notre savoir avec vous, vos enfants et vos petits-enfants pour les années à venir. Nous faisons cela afin que ne vienne jamais le temps où les grands-pères et les grands-mères de ce monde ne seront plus là pour nous raconter les histoires de leur quotidien et de leurs aventures.

Une femme habillée en rouge et noir dans une salle de collection contenant des artéfacts. Elle tient une assiette brisée.

Moi-même, dans l’aire d’entreposage de la collection, une de mes salles préférées du Musée !


  1. Les fans d’Harry Potter, vous savez de quoi je parle ! Je dois peut-être admettre un certain niveau personnel nerd ici