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Six choses étonnantes dévoilées par la recherche

Tout au long de mes recherches sur l’immigration dans l’Ouest canadien entre 1867 et 1914, j’ai découvert certains éléments vraiment intéressants. Malheureusement, ces anecdotes divertissantes se sont rarement retrouvées dans les rapports officiels. Alors, mesdames et messieurs, sans plus tarder, voici quelques-uns des secrets les moins connus, mais des plus amusants, de la recherche sur l’immigration dans les Prairies.

1. Le mystérieux Jacob Hutter

Les Huttérites étaient des paysans immigrants provenant de Galicie et de la Bucovine, provinces de Habsbourg, dans le défunt empire austro-hongrois. Ils sont arrivés aux États-Unis autour de 1870 à la recherche de possibilités économiques et d’une meilleure qualité de vie. Dès 1917, presque tous les Huttérites avaient immigré dans l’Ouest canadien et formé 130 colonies en Alberta et 85 au Manitoba. Jacob Hutter, qui habitait la province autrichienne du Tyrol dans les années 1500, était un leader radical de gauche qui prônait la création d’une communauté huttérite et qui devint la figure de proue du mouvement huttérite.

Était-il une haute instance de l’église ? Un noble et respecté membre de la société ayant des richesses à partager ? En vérité, non, il était chapelier. Et plus intéressant encore, personne ne connaît son nom véritable. On le surnommait Jacob Hutter parce qu’en allemand, dans le dialecte tyrolien, « hutter » signifie « chapelier ». Alors, quand vous entendrez parler des Huttérites, rappelez-vous que leur nom n’est pas inspiré d’un dieu grec ou d’un terme latin signifiant le succès. Ils sont littéralement des chapeliers.

2. L'explosion démographique de Winnipeg

Winnipeg, au Manitoba, devint la porte de l’Ouest canadien en servant de plaque tournante au trafic ferroviaire canadien vers l’ouest, ce qui en fit le plus important centre urbain des Prairies. Ainsi, Winnipeg vit sa population exploser entre 1870 et 1914.

En 1871, 200 personnes vivaient à Winnipeg.
En 1886, 20 000 personnes habitaient Winnipeg.
En 1911, 150 000 personnes habitaient Winnipeg.

Avouez que c’est impressionnant.

3. Les nombreux Islandais du Manitoba

L’Islande fut un contributeur important à l’essor de l’immigration dans l’ouest canadien autour de 1900. Entre 1871 et 1915, environ 16 800 Islandais quittèrent leur île pour les provinces des Prairies, plus spécialement le Manitoba. La République de Nouvelle-Islande, au Manitoba, fut créée en 1875, et devint le seul établissement autogouverné des Prairies. La Nouvelle-Islande, qui devint plus tard « Gimli » (mot signifiant le paradis) fut exclusivement peuplée d’Islandais jusqu’en 1897. Le nouvel établissement créa des journaux en langue islandaise et le résident Sigtryggur Jonasson, un immigrant islandais, devient le premier islandais canadien à siéger à la législature provinciale en 1896. Les Islandais s’avérèrent des immigrants prospères et on leur attribue la création de l’industrie laitière dans les Prairies.

Et finalement…

Le saviez-vous : Le Manitoba possède présentement la plus importante population islandaise à l’extérieur de l’Islande ?!

4. Changement de parcours pour le chemin de fer du Canadien Pacifique

Brandon, Manitoba. Regina, Saskatchewan. Calgary, Alberta.

Sans le chemin de fer, ces trois villes n’existeraient pas aujourd’hui.

Ce qui fascine dans l’histoire du chemin de fer canadien, c’est l’impact qu’il a eu sur la colonisation des terres qu’il traversait. En gros, entre 1870 et 1914, l’accès au chemin de fer garantissait le succès. L’achèvement du chemin de fer du Canadien Pacifique (CPR) a modifié de façon considérable l’aménagement des Prairies et permis au développement de rayonner dans des régions auparavant isolées et sans intérêt. En fait, les chemins de fer qui traversent les Prairies ont créé plus de 75 % des villes d’Alberta.

Au moment où le CPR procéda à l’arpentage initial des Prairies, il avait l’intention de passer le chemin de fer du côté de Prince Albert et Battleford, en Saskatchewan ainsi que d’Edmonton, en Alberta. Cependant, le parcours fut déplacé vers le sud pour des raisons d’économie de construction et de meilleure posture concurrentielle contre les entreprises américaines du rail situées au sud de la frontière. Le nouveau tracé au sud permis de fonder les villes de Brandon, Regina et Calgary, qui sont parmi les centres les plus prospères de tout l’Ouest canadien.

5. Peu d’avenir pour les Chinois

Les immigrants chinois arrivés au Canada avant 1900 sont reconnus pour leur contribution à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. En tant qu’ouvriers, la majorité de ces immigrants étaient des hommes venus seuls au Canada. Pour cette raison, il y avait beaucoup plus d’hommes que de femmes parmi les immigrants chinois de cette époque dans l’Ouest canadien.

En 1911, on dénombrait 1 787 Chinois en Alberta. À peine 20 d’entre eux étaient des femmes.

6. Léon Tolstoï et les Doukhobors

Me croiriez-vous si je vous disais que Léon Tolstoï, l’écrivain russe de renommée mondiale, auteur d’Anna Karénine et de Guerre et paix, fut impliqué dans l’histoire de l’immigration au Canada?

Les Doukhobors étaient une secte de paysans russes en désaccord avec l’organisation formelle de l’église et la russification des divers peuples formant l’empire de Russie au tournant du siècle. Ils vivaient en commune et conservaient des histoires et des traditions orales, tout en refusant les objets de luxe et les plaisirs sensuels. En 1895, les Doukhobors furent bannis de diverses régions de l’empire russe pour avoir protesté contre le gouvernement russe et ses politiques répressives. La persécution des Doukhobors retint l’attention et la sympathie de Léon Tolstoï, qui utilisa ses contacts à l’étranger pour organiser la migration permanente des Doukhobors vers le Canada.

Grâce à Tolstoï, en 1899, 7 400 Doukhobors parvinrent au Canada en six mois à peine, à bord de quatre navires différents. À la fin du 20e siècle, la population des Doukhobors du Canada était le double de celle qui demeurait encore dans leur mère-partie russe.

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