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Éducation alternative : des stages en éducation non conventionnels

J'ai récemment rencontré un groupe d'étudiants en éducation d'une université locale qui s'informaient au sujet de stages en « éducation alternative ». Il s'agit, en d'autres termes, d'une éducation informelle qui n'est pas enseignée à l'intérieur d'une école ou, du moins, pas à l'intérieur d'une école publique traditionnelle.

À bien des égards, les facultés d'éducation du Canada commencent à transcender leurs racines d'instituts pédagogiques; la formation professionnelle pour enseignants cède progressivement sa place à une étude plus générale de l'éducation. Je suis fort heureuse que mon alma mater ait décidé de relever ce défi. J'espère sincèrement que viendra le jour où les stages alternatifs seront obligatoires pour tous les diplômés en herbe (en enseignement et dans les autres domaines).

—*Une bonne tape dans le dos* aux universités qui offrent de telles possibilités à leurs étudiants. —

Les musées ne sont pas les seuls à porter l'étiquette d'éducation alternative : l'enseignement religieux, les programmes correctionnels, l'éducation en plein air, les centres de sciences et de loisirs, les écoles indépendantes, l'enseignement à domicile, les activités parascolaires – et tant d'autres choses – sont également considérés comme de l'éducation alternative. Le ministère de l'Éducation de la Nouvelle-Écosse a récemment annoncé qu'il donnerait un crédit de développement personnel aux élèves du secondaire participant aux programmes parascolaires admissibles (http://novascotia.ca/news/release/?id=20120619008), légitimant ainsi davantage l'éducation alternative. En fait, il semble qu'il y ait maintenant plus d'éducation à « l'extérieur » qu'à « l'intérieur ».

Au cours de la révolution industrielle (voir la vidéo de sir Ken Robinson), l'éducation dans les écoles est devenue la seule véritable éducation, reléguant l'éducation « de la vie » à quelque chose d'autre (à l'expérience, peut-être). Et qu'est-ce que cela signifie ? Devrions-nous tous nous mettre à chanter "Little Boxes"? La réforme scolaire étant une question relativement délicate partout dans le monde, opter pour l'« alternative » n'est peut-être pas une si mauvaise chose.

Pour ma part, j'hésite chaque fois devant le mot « alternative » – est-ce une insulte, ou un compliment ?

En fait, une partie de moi l'aime bien. Je me souviens encore où je me trouvais lorsque « la voix d’une génération »[1] est décédée le 8 avril 1994 (dans le cours de gym avec M. Vistorino). Si vous appartenez à la génération X, vous savez de quoi je parle : l'alternatif a une connotation positive.

L'éducation alternative serait donc une éducation énergique, véritable, courageuse, non institutionnalisée, de « la vie » et différente de ce qui a précédé… pour ne pas ajouter tout à fait géniale. Cependant, à mesure que nous accumulons les années et que nous faisons partir le grunge de nos cheveux au lavage, les albums de nos listes de lecture changent et il en va de même de notre compréhension de mots tels qu' « alternatif » – alternatif par rapport à quoi ? Cela en fait-il un élément extérieur ? Cela donne-t-il du pouvoir et de la légitimité à ce contre quoi il réagit ? Qu’est-ce que l'alternative ? S'agit-il simplement d'une façon d'énoncer un nouveau paradigme qui finira par devenir dominant ? Probable. Une véritable alternative a un statut égal et a la possibilité d'être sélectionnée. Avons-nous été à la hauteur de notre étiquette ?

Vous devez sans doute vous demander, comme je l'ai fait, en quoi l'éducation des musées (et d'autres institutions) constitue une éducation « alternative ». Pourquoi l'éducation muséale n'est-elle pas un choix bien assumé, intégré à nos vies, voire dominant ? En fait, malgré les étiquettes, c'est parfois le cas. La plupart d'entre nous ont déjà visité un musée au cours de leur vie – la moitié d'entre nous, au cours des 12 derniers mois. Les recherches suggèrent que les gens ont davantage confiance dans les musées qu'envers les enseignants, les livres, l'internet et les membres de leur famille[2]. Peut-être devrions-nous passer moins de temps à essayer d'entrer dans le moule et éprouver plus de fierté à en sortir. Les éducateurs alternatifs passent beaucoup de temps à essayer de comprendre comment s'y prendre avec l'enseignement ordinaire, mais peut-être devrions-nous passer plus de temps à montrer la voie en faisant bien les choses nous-mêmes. Les écoles font déjà du bon travail en étant des écoles.

J'ai vaillamment (du moins, à mon sens) dit à mes étudiants que je les encourageais à ne pas voir l'éducation muséale comme un choix de remplacement à un emploi dans une salle de classe. La classe est un lieu important et d'une grande valeur, mais il y a quelque chose de très spécial au sujet de l'éducation muséale, quelque chose de libérateur, quelque chose… d'alternatif.

Je peux explorer les différentes théories actuelles de l'éducation. Je peux enseigner la socialisation intergénérationnelle et de groupes d'âge mixte. Je peux enseigner les divisions interculturelles et économiques. Je peux employer des approches centrées sur l'étudiant. Je peux enseigner dans toutes les disciplines, même sans division de matière. Je peux intégrer les nouvelles technologies. Je peux enseigner dans le cadre de cours et de programmes libres. Je peux élaborer des programmes dans le cadre et en dehors de programmes d'études proscrits, et même amener les étudiants à élaborer leur propre programme d'étude. Je peux concevoir une approche fondée sur les compétences. Je ne peux redéfinir ce qu'est un étudiant en y incluant toute personne souhaitant s'épanouir. Ensemble, mes étudiants et moi pouvons partager l'éducation, nous pouvons la démocratiser, nous pouvons la libérer.

L'éducation alternative est mon premier choix.

Vous retrouverez donc encore aujourd'hui Oasis, R.E.M. et Nirvana dans mes listes de lecture, ainsi que des choses que mon jeune moi aurait considérées comme de la « musique pour adultes ». Je suis maintenant un peu plus âgée et sage, et je peux gérer une pensée divergente. Je suppose qu'il est temps d'embrasser le titre « alternatif » et de dire avec fierté que nous sommes uniques dans l'éducation muséale. Nous sommes énergiques, nous sommes courageux, nous sommes véritables, nous sommes… alternatifs.

Si vous voulez faire d'un stage en « éducation alternative » votre premier choix, suivez ce lien pour faire une demande : http://www.quai21.ca/content/demande-de-stage-–-services-éducatifs

Un groupe de personnes assises à une table en désordre. Ils font de l'artisanat et portent tous des napperons.

Ancienne stagiaire Esther Penner

Des enfants peignent de beaux dessins sur de grandes feuilles de papier brun.

Ancienne stagiaire Ashley Tomlinson

Une belle jeune femme blonde et une jeune fille sont assises à une table et sourient joyeusement en direction de l'appareil photo. Il y a du matériel de bricolage sur la table.

Ancienne stagiaire Ashley MacPherson

Une jeune femme assise à un bureau offre des informations aux enfants qui sont devant elle.

Ancienne stagiaire Sarah Porter


  1. Chris Molanphy, Kurt Cobain: Voice of a Generation (Barnes & Noble, 2003), 3rd edition.
  2. http://www.isr.yorku.ca/projects/pasts/CMA_09_presentation_northrup.pdf