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Reconstitution d’une cabine de navire de ligne

L’une des principales attractions de notre nouvelle exposition sur le Quai 21 est la reconstitution d’une cabine et de la salle à manger d’un navire de ligne dans lesquels pourront entrer les visiteurs. Nous espérons que cette cabine permettra aux visiteurs de voyager dans le temps et d’avoir la chance de se glisser dans les souliers d’un immigrant traversant au Quai 21 dans les années 1950. Saisir les dimensions d’une cabine nous offre un aperçu d’une expérience d’immigration. Durant la plus grande partie de l’histoire du Canada, une traversée océanique était une partie essentielle de la venue au pays. Cette expérience variait constamment allant des sinistres « navires cercueils » surpeuplés des années 1840 jusqu’aux navires océaniques les plus grands et luxueux du monde dans les années 1960. Notre cabine tente de saisir l’expérience d’une famille immigrante au début des années 1950, les hautes années d’arrivées au Quai 21.

Des navires de toutes tailles accostaient au Quai 21, mais les plus courants étaient des navires de ligne de taille moyenne. Le navire RMS Ascania, de la Cunard Line, était très typique. Nous avons utilisé des plans de pont et d’intérieurs de cabines de l’Ascania comme base de notre reconstitution.

Une carte postale montrant une image imprimée d'un ancien navire d'immigration.

Carte postale de 1954 de l’Ascania, le navire d’immigration ayant accosté le plus souvent au Quai 21 avec plus de 220 voyageurs à bord.

[Musée canadien de l’immigration du Quai 21, R2012.62.1a]

Les cabines de navire des années 1940 et 1950 étaient très loin des luxueuses cabines des navires de croisière naviguant aujourd’hui, mais elles avaient quand même évolué à comparer aux austères quartiers d’entre-pont de l’époque du Titanic au début des années 1900. À cette époque, des centaines d’immigrants partageaient d’immenses dortoirs d’entre-pont sans cloisons ou de minuscules cabines d’acier où se superposaient les couchettes contre des cloisons nues.

Cabine de troisième classe et de la classe touriste, pour immigrants dans laquelle se trouvent des lits superposés et une petite cuvette au centre.

(Au dessus) « CUNARD TROISIÈME CLASSE »
Une des cabines troisième classe de l’Ascania offerte aux immigrants lors de sa construction en 1924.
(Ci-dessous) « CABINE TOURISTE CUNARD DE TROISIÈME »
Cabines de Classe touriste de l’Ascania, convertie de la troisième classe.

Courtoisie du Musée maritime de l’Atlantique, Halifax, brochure Cunard M2007.50.104

Les affréteurs de navires de ligne avaient commencé à améliorer leurs cabines de troisième classe dans les années 1920 alors que le Canada et les États-Unis commençaient à restreindre le nombre des immigrants. Les voyages en troisième classe ont diminué encore plus durant la grande dépression des années 1930. Confrontés avec un grand nombre de cabines de troisième classe vides, les compagnies de navigation ont réduit le nombre de lits et ajouté un mobilier plus élégant, des tissus colorés et une modeste décoration pour plaire aux voyageurs à budget modéré. Elles ont baptisé ces nouvelles cabines Classe touriste.

Tandis que certaines familles pouvaient se permettre d’immigrer au Canada en première ou en seconde Classe, la plupart des immigrants recherchaient la façon la plus économique d’effectuer la traversée. Lorsque l’immigration a repris après la Seconde Guerre mondiale, des cabines touriste étaient les plus couramment utilisées sur l’Atlantique. Elles étaient toujours petites et pour la plupart, sans hublot (oubliez les balcons des navires de croisières d’aujourd’hui). Il n’y avait pas de salle de bain privée alors, chaque cabine offrait un lavabo pour la toilette.

Un vieux morceau de papier jauni sur lequel se trouve un plan du navire montrant la section de la classe touriste.

Plan de cabines de Classe touriste à bord du RMS Ascania montrant des cabines pour hommes et salles de bain partagées.

Courtoisie du Musée maritime de l’Atlantique, Halifax, plans de pont de l’Ascania, M90.39.2, PVP18.11.2

Coupe transversale d'un schéma de navire montrant des cabines et des salles de bain.

Coupe transversale d’Ascania montrant des cabines de Classe touriste et des salles de bain communes.

Parfois une famille entière occupait une cabine à plusieurs couchettes, mais plusieurs navires séparaient les cabines pour hommes et femmes. La mère et les filles partageraient la même cabine tandis que le père et les fils logeaient sur un autre pont. Cependant, des rideaux et un mobilier attrayant ajoutaient un peu de style et de confort, une amélioration comparativement aux austères traversées des immigrants précédents.

Petite cabine de la classe touriste dans laquelle se trouvent des lits superposés, des valises placées sous les lits, une cuvette et un petit miroir.

Une cabine de Classe touriste à bord du Ryndam de la Holland America Line, un autre habitué du Quai 21.

Musée de la ville de New York, Collection Byron

Les immigrants en cabine de Classe touriste étaient des privilégiés. À la fin des années 1940, des gens effectuaient la traversée à bord de navires de transport de troupes convertis, vite remis en service pour accommoder le grand nombre des immigrants d’après-guerre. Ces navires, souvent baptisés du nom de généraux de l’armée américaine, offraient des dortoirs ouverts alignant rangée après rangée de couchettes, un retour vers les anciens dortoirs d’entre-pont du début du vingtième siècle.

Notre cabine reconstituée recréera cet espace singulier en Classe touriste devenant le foyer entre deux foyers pour beaucoup d’immigrants. Nous l’avons garnie de bagages de l’époque et de quelques malles artéfacts discrètes présentant des articles domestiques que les passagers prenaient avec eux en cabine pour le voyage. Une trame sonore d’ambiance parsemée d’extraits d’histoires orales recueillies, de concert avec les bruits réguliers des moteurs à vapeur et les bruits de l’océan, complètera l’illusion.

La collection d’histoires orales du Musée est une partie importante des éléments d’exposition du Musée canadien de l’immigration du Quai 21. Des centaines de témoignages de première main recueillis par le Musée ajoutent des détails permettant la reconstitution d’une cabine, tandis qu’une reproduction tridimensionnelle nous permet de présenter ces témoignages dans un cadre tridimensionnel.

Un bébé dans un berceau qui sourit en direction de l'appareil photo, alors que sa mère lui sourit.

Un bébé à bord du navire de ligne SS Groote Beer, de la Holland America Line, avec, en arrière-plan, un « lit à filet ».

Courtoisie de Hugo Schouten, « Hugo's Groote Beer page »

Un lit étagé est un exemple d’élément de cabine inspiré par un récit de première main. La plupart des immigrants avaient des cabines avec lits superposés, parfois à deux ou trois étages. Cependant, nous voulons nous assurer qu’aucun visiteur aventureux ne se blesse en tombant de la couchette supérieure. Un témoignage fourni au Musée nous a offert une solution. Jeanette (de Vries) Miller a communiqué avec nous à propos de la traversée de sa famille à bord du SS Groote Beer. Elle se rappelait des « lits à filet » comportant des barrières de filet que la Holland America installait sur les couchettes supérieures pour empêcher que les enfants tombent en raison d’une mer agitée. Nous prévoyons faire de même dans notre cabine. Nos lits à filet auront une double fonction. Ils montreront un détail authentique de l’expérience de voyage vers cette époque et empêcheront les visiteurs de grimper vers des problèmes! Nous espérons que vous monterez à bord lors de notre réouverture en mai.