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L’uniforme de Lotta Hitschmanova

Une femme en uniforme entourée de gens, dont un groupe d'enfants qui tiennent des drapeaux de toutes les couleurs.

Lotta Hitschmanova en compagnie d’enfants en Corée, vers 1970.
Gracieuseté de USC Canada

Une des pièces uniques et révélatrices de l’actuelle exposition temporaire Paix : L’exposition, présentée au Musée, est l’uniforme artisanal de la célèbre travailleuse humanitaire canadienne Lotta Hitschmanova.

Cet uniforme, qui nous a été prêté par le Musée canadien de la guerre, a été créé par une femme qui a immigré au Canada à l’époque de la guerre, et qui a dédié sa vie à encourager le travail et le développement humanitaire à l’échelle internationale. Son uniforme est devenu un symbole de son statut iconique. Lotta a rapidement découvert que, dans l’Europe de l’après-guerre, un uniforme vous permettait de pouvoir vous déplacer librement dans les camps et à travers les frontières… alors elle a créé le sien de toutes pièces. Elle a adapté une veste d’infirmière qu’elle a trouvée dans un surplus de l’Armée américaine en y cousant ses propres écussons et en y fixant ses propres épinglettes. Cet uniforme lui a facilité les accès, gagner le respect et simplifier son bagage.

Une femme en uniforme qui pointe un endroit sur une carte. Elle est entourée de fillettes qui portent toutes des fichus à carreaux et de jeunes garçons qui portent tous des chandails noirs.

Lotta dans son uniforme, dans l’Europe de l’après-guerre.
Photo de Rick Ervin, gracieuseté de USC Canada

Cet uniforme unique a aidé Lotta à se sortir de situations embarrassantes dans des contrées éloignées. Il lui a également permis de faire des rencontres amusantes qui ont fait ressortir son célèbre sens de l’humour, puisque certaines personnes la confondaient avec un chauffeur d’autobus, une livreuse de télégrammes ou une agente de bord !

Une pile de vieilles valises endommagées.

Valise de la mère de Lotta, exposée au Musée d’Auschwitz.
Photo de Marie-Jeanne Musiol, gracieuseté de USC Canada

Lotta a vu le jour en 1909 à Prague, dans l’actuelle République tchèque. Elle a appris cinq langues et a étudié les sciences politiques et le journalisme à la Sorbonne, à Paris. Elle est arrivée au Canada en 1942, en tant que réfugiée. Ses parents ont été tués pendant l’Holocauste. Lotta a pris la décision de canaliser la douleur de cette perte en aidant les autres, qui devaient vivre dans le monde de l’après-guerre. Elle a fondé l’Unitarian Service Committee du Canada en 1945. Pendant 36 ans, elle a travaillé sans relâche : elle a donné des conférences, elle a écrit, elle a voyagé et elle a amassé des fonds pour nourrir, vêtir et loger les sans-abri et les pauvres en Europe, puis partout à travers le monde.

Avec son expérience de journaliste, Lotta a écrit et enregistré plusieurs films publicitaires et commentaires inspirants et émouvants pour l’Unitarian Service Committee. Chacun d’eux se terminait par sa signature : « 56, rue Sparks, Ottawa ». Pour une génération entière, le 56, rue Sparks est devenue l’adresse la plus connue de tout le pays. Vous pouvez en apprendre davantage au sujet de la vie de Lotta Hitschmanova en visitant le site du Musée canadien de la guerre et au sujet de l’Unitarian Service Committee (USC Canada).

Bien que l’uniforme de Lotta soit une création artisanale, les rubans qui le décorent sont bien réels, et lui ont été remis par divers pays à travers le monde, en reconnaissance de son travail humanitaire. Des recherches effectuées par Arlene Doucette du Musée canadien de la guerre, par Alain Simard du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 et par Gary Campbell de la Légion royale canadienne ont identifié les décorations suivantes, telles qu’elles apparaissent sur l’uniforme de Lotta :

  • Officier de l’ordre du Canada
  • Médaille du centenaire du Canada
  • Médaille du jubilé de la reine Élisabeth II
  • République de Corée : Ordre du mérite civil
  • Médaille de la Reconnaissance française
  • Médaille du Siège de l’Organisation des Nations Unies
  • Médaille d'honneur de la Croix Rouge française
  • Pays-Bas : Décoration de l’ordre et de la paix, 1945-1949
  • Décoration de la Croix Rouge grecque

Nous avons été incapables d’identifier plusieurs rubans, notamment le dernier ruban de la deuxième rangée et le premier ruban de la troisième rangée. Faites-nous savoir si vous les reconnaissez!

Un uniforme militaire sur lequel se trouvent des barrettes de toutes les couleurs, dont un drapeau canadien.

L’uniforme de Lotta, exposé au Musée canadien de l’immigration du Quai 21.
Musée canadien de la guerre, artéfact no 19860129-028/em>

D’une certaine façon, l’uniforme de Lotta représente l’un des thèmes principaux de l’exposition Paix : L’exposition. Lotta était une militante pour la paix qui était très dévouée. En 1969, elle a mentionné que les deux tiers de l’humanité souffraient de la famine, tandis que le reste du monde dépensait 150 milliards de dollars par année en armement. Toutefois, elle n’avait aucune difficulté à revêtir son uniforme pour aller travailler dans les milieux militaires, devant souvent prendre un avion militaire pour se déplacer d’une zone de guerre à une autre. D’une certaine façon, son uniforme représente les divers chemins empruntés par les Canadiens afin de vivre dans la paix.

Les visiteurs du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 auront l’unique chance de voir cet artéfact emblématique, et ce, jusqu’au 20 octobre, date à laquelle se terminera l’exposition Paix : L’exposition, et où l’uniforme retournera au Musée canadien de la guerre.

Un uniforme canadien suspendu dans une vitrine de salle d'exposition. L'exposition présente de grands panneaux mauves sur lesquels se trouvent des images d'archives et du texte.

L’uniforme de Lotta, exposé au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 dans le cadre de l’exposition Paix : L’exposition.
Photo 2014 SteveKaiserPhotography.ca