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Un rappel du passé

Vous ne croirez jamais combien nos « Geeks » du Musée peuvent s’énerver pour pas grand-chose. Je dis « Geeks » avec amour parce qu’ils – et elles - sont en fait des experts dans leur domaine et de grands passionnés (c’est un vrai plaisir pour moi de travailler avec plusieurs de ces personnes tous les jours). On pourrait traduire « Geek » par « fanatique », mais c’est en fait un compliment car nous avons besoin de plusieurs d’entre eux dans ce monde ! Je m’égare… C’est incroyable de voir ces passionnés de l’histoire de l’immigration s’enthousiasmer. Récemment, le Musée entier était sans dessus-dessous pour un morceau de bois carbonisé. Comment est-ce arrivé, vous direz ? Laissez-moi vous raconter !

Récemment, la passerelle piétonnière qui relie nos bureaux logés dans l’Annexe d’immigration du 1099 chemin Marginal et le bâtiment principal du Musée, au 1055 chemin Marginal, a été récemment rénovée.

Une voie piétonnière sur laquelle se trouvent des matériaux de construction, des tuyaux et des outils.

La fameuse passerelle piétonnière… en pleine reconstruction. Photo : Ashley MacPherson.

Cette passerelle est d’une importance historique au Musée et pour beaucoup de nouveaux Canadiens et Canadiennes qui y sont passés en immigrant au Canada, alors que le Quai 21 agissait comme grande porte d’entrée, entre les années 1928 et 1971. Dans ce passage, les agents douaniers vérifiaient les bagages pour y déceler des articles interdits avant que les nouveaux arrivants puissent prendre le train juste au-dessous. Quand on est debout dans cet espace aujourd’hui, on peut presque entendre le claquement des serrures et des boucles des valises à inspecter ! Une fois admis par les agents douaniers, les nouveaux arrivants s’embarquaient sur les trains en attente et, souvent, voyageaient partout au Canada pour se rendre dans leur nouveau domicile. Il y a un excellent modèle de ce à quoi ressemblaient ces bâtiments à ce moment-là et qui est actuellement dans l’exposition principale du Musée. (Je vous encourage à venir pour voir ça !)

Revenons à mon histoire ! Dans le cadre des travaux de rénovation de la passerelle, nous étions chanceux de travailler avec des entrepreneurs qui partagent notre passion pour la préservation de l’espace, dans le respect de sa valeur historique. C’est donc sans grande surprise que lorsqu’un responsable de la structure a trouvé un bout de bois carbonisé, il en a tout-de-suite avisé notre équipe. Après plusieurs conversations et une recherche historique, nous avons appris que le bout de bois était en fait un vestige de l’incendie du 5 mars 1944.

Grâce à de nouvelles discussions avec notre historien et la référence de quelques articles du journal The Chronicle Herald, nous avons déterminé que le morceau de bois en question provenait de l’incendie qui avait débuté au deuxième étage du Quai 22, juste à côté du Quai 21, dans une zone qui servait à fumiger les couvertures des navires (dégueux !). Il y a eu beaucoup de dégâts mais, puisque le hasard avait fait que des mesures contre les incendies avaient été mises en place deux ans avant, le feu avait été empêché d’engloutir tout le premier étage. Alors que les réparations étaient en cours, le hangar d’immigration a été déplacé vers un lieu temporaire et les équipes de nettoyage ont pu le restaurer. Le bout de bois carbonisé découvert par notre entrepreneur était un vestige de cette époque. On avait rebâti sur les restes de l’incendie et tout cela a longtemps été oublié, jusqu’à ce que ça refasse surface lors de notre récent projet de rénovation. Que ce soit par la recherche physique du passé ou à travers des anecdotes et des souvenirs des nombreuses personnes qui sont passées par le Quai 21, on ne sait jamais ce que l’on va découvrir lorsqu’on travaille dans un lieu historique national de la mémoire publique… comme notre Musée !

La passerelle est aujourd’hui à nouveau utilisée comme voie d’accès principale entre l’Annexe d’immigration et le bâtiment du Quai 21. Même si elle nous sert maintenant à traverser dans le cadre de nos activités quotidiennes au Musée, c’est un endroit fantastique pour s’y arrêter, observer et réfléchir sur les expériences des nouveaux arrivants d’alors. Ce lien avec le passé est un beau rappel de l’importance du travail que nous faisons ici : préserver l’histoire et les témoignages des nouveaux arrivants qui sont venus au Canada… qu’ils ont contribué à façonner. Parfois, ces petits rappels viennent de façon inattendue... comme dans un petit bout de bois carbonisé !

La même voie piétonnière qui a maintenant un tout nouveau revêtement.

La fameuse passerelle piétonnière… dans sa toute nouvelle robe. Photo : Ashley MacPherson.